Lomé Actu, 27 mars 2025 – Le parquet financier a requis une peine de sept ans de prison contre l’ancien président français Nicolas Sarkozy, jugé pour le financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007 avec des fonds libyens. En plus de cette peine, une amende de 300 000 euros et une inégibilité de cinq ans ont été demandées. Un verdict qui marque un tournant dans cette affaire politico-judiciaire retentissante.
Un procès sous haute tension
Présent au tribunal de Paris ce jeudi, Nicolas Sarkozy a accueilli ces réquisitions le visage fermé, visiblement marqué par l’ampleur des peines demandées. Le parquet national financier (PNF) a estimé que l’ancien président avait bénéficié de millions d’euros en provenance du régime de Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne électorale, en violation des lois sur le financement des partis politiques.
L’affaire, révélée en 2012 par le site d’investigation Mediapart, repose sur une série de documents et témoignages accablants, dont ceux d’anciens dignitaires libyens affirmant que des valises de billets avaient été remises à des proches de Nicolas Sarkozy.
Retour sur un scandale d’État
L’affaire du financement libyen est l’un des plus grands scandales politico-financiers de la Ve République. Tout commence en 2012, lorsque des accusations émergent sur de possibles financements occultes venant de la Libye de Mouammar Kadhafi.
En 2018, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour “corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics”. Les enquêteurs ont mis au jour des transferts de fonds suspects et des témoignages concordants de plusieurs acteurs de l’ancien régime libyen.
Parmi les preuves avancées figurent :
- Des documents officiels libyens mentionnant des financements accordés à Sarkozy.
- Des déclarations de proches du dictateur Mouammar Kadhafi.
- L’implication supposée d’intermédiaires ayant facilité le transfert d’argent.
Quelle suite pour Nicolas Sarkozy ?
Si le tribunal suit les réquisitions du parquet, Nicolas Sarkozy pourrait devenir le premier ancien président français à purger une peine de prison ferme pour des faits de corruption et de financement illégal. Il a cependant toujours clamé son innocence, dénonçant un “complot judiciaire” et une enquête menée à charge.
Le jugement sera rendu dans les prochains mois et pourrait encore faire l’objet d’un appel, ouvrant la voie à de nouvelles batailles judiciaires pour l’ancien chef d’État.