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Marche d’hommage refusée : la société civile crie au scandale

Marche d’hommage refusée : la société civile crie au scandale

Lomé Actu, 28 Juillet 2025 – Alors que les plaies des récentes violences sociopolitiques restent béantes, une initiative citoyenne visant à rendre hommage aux victimes a été stoppée net par les autorités togolaises. À travers une lettre ouverte adressée au ministre de l’Administration territoriale, un collectif d’ONG dénonce fermement le rejet de l’autorisation d’une marche pacifique, prévue pour honorer la mémoire des disparus.

Cette marche, à l’initiative de Novation Internationale avec l’appui d’organisations telles que Togo Debout, REJADD, Tournons la Page Togo ou encore Femmes Pyramide, devait relier Bè-Kodjindji à Lavista Park. L’itinéraire, hautement symbolique, était conçu comme un moment d’unité nationale et de recueillement.

Mais le ministère a opposé un refus catégorique, invoquant la « poursuite du processus électoral » pour justifier sa décision. Les organisateurs rappellent cependant que la campagne électorale est close depuis le 17 juillet, ce qui rend cette justification, selon eux, caduque.

Pire encore, deux courriers officiels aux motifs changeants alimentent la suspicion d’une volonté délibérée d’empêcher l’expression d’un deuil citoyen. Tantôt l’on évoque le chevauchement avec des activités politiques, tantôt des considérations logistiques sur des zones à forte activité économique. Pour les signataires, il s’agit d’une stratégie d’obstruction assumée : « Ce n’est plus l’ordre public qu’on protège, mais l’espace public qu’on verrouille. »

Ce refus est interprété comme une atteinte à la liberté d’expression, mais aussi à un droit fondamental : celui de pleurer ses morts. Dans un passage fort, la lettre affirme : « Ce silence imposé n’est pas neutre, il est politique. »

En filigrane, la critique va plus loin : c’est une vision autoritaire de l’État qui est pointée, celle qui sélectionne les émotions autorisées et interdit tout espace de mémoire libre. « À quoi bon parler de réconciliation, si même les morts n’ont plus droit à un hommage digne ? », interrogent les ONG. Pour elles, cette décision enterre non seulement des citoyens, mais aussi le droit républicain à la dignité et à la justice.

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