Lomé Actu, 07 mars 2025- La session de droit du Sénat, la seconde chambre du Parlement togolais, s’est tenue ce jeudi au Palais des Congrès de Lomé. Cette première réunion, dirigée par le doyen d’âge Dogo Koudjonou, marque l’achèvement du processus de mise en place des institutions prévues par la nouvelle Constitution du 6 mai 2024.
Avec l’installation officielle du Sénat composé de 61 membres, dont 20 sénateurs nommés par le président Faure Gnassingbé, le pays est désormais prêt pour une étape clé : l’élection du Président de la République par le Parlement.
Un basculement vers un régime parlementaire
La promulgation de la nouvelle Constitution a marqué un tournant majeur dans l’histoire politique du Togo. Désormais, le pays n’est plus une République présidentielle, mais un régime parlementaire. Cela implique des changements fondamentaux dans la gouvernance, notamment :
- Le Président de la République n’est plus élu au suffrage universel direct, mais par les députés et sénateurs réunis en Congrès.
- Un Président du Conseil des ministres a été institué, rôle qui revient au chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale.
L’Union pour la République (UNIR), qui détient 108 sièges sur 113 à l’Assemblée nationale, assure donc mécaniquement ce poste à Faure Gnassingbé. Il prêtera serment sous peu devant la Cour constitutionnelle.
Qui sera le premier Président de la Ve République ?
Dans les prochains jours, les 113 députés et 61 sénateurs seront convoqués pour élire le Président de la République. Conformément à l’article 35 de la Constitution, le Président sera choisi au scrutin secret et à la majorité absolue des parlementaires.
Si aucun candidat n’obtient cette majorité au premier tour, un second, voire un troisième tour seront organisés. En cas de blocage, le candidat avec la majorité simple l’emporte.
Seuls les groupes parlementaires régulièrement constitués à l’Assemblée nationale peuvent présenter des candidats.
Un scénario déjà scellé ?
Même si plusieurs candidatures pourraient émerger, la victoire d’un candidat d’UNIR semble acquise, étant donné que le parti détient une écrasante majorité au Parlement. Faure Gnassingbé, qui a été président sous l’ancien régime, pourrait donc être désigné sans réelle opposition pour assurer cette fonction honorifique.
Contrairement à son ancien rôle, le futur Président de la République exercera un pouvoir essentiellement symbolique et représentatif, tandis que le Président du Conseil des ministres, Faure Gnassingbé lui-même, dirigera effectivement le gouvernement.
Quelle suite après l’élection ?
- Après son élection, le Président de la République prêtera serment devant le Congrès.
- Faure Gnassingbé, en tant que Président du Conseil des ministres, prendra officiellement ses fonctions à la tête du gouvernement.
- Les nominations des ministres suivront, selon la nouvelle architecture institutionnelle du pays.
Avec cette transition, le Togo entre dans une nouvelle ère politique où le Parlement devient le véritable centre du pouvoir, reléguant la présidence à un rôle plus protocolaire.
L’élection à venir du Président de la République confirmera l’ancrage du Togo dans un régime parlementaire. Mais dans les faits, c’est Faure Gnassingbé qui conservera le pouvoir exécutif, grâce à sa nomination comme Président du Conseil des ministres.
Reste à voir si ce nouveau système apportera plus de transparence et d’équilibre institutionnel, ou s’il se traduira par un simple ajustement institutionnel sans réel changement politique.